1er jour en Namibie
Et oui, cette fois on se refuse rien : 4x4 ET ordinateur ET pied photo... Pour une fois qu'on ne joue pas les romanichelles avec nos sacs à dos, on s'équipe un peu...
Hier, journée interminable légèrement kafkaienne : départ 3h30 du mat' de Petite Ile, aéroport de St Denis puis puis aéroport de Maurice (et son lot de pinailleries administratives, mais pour une fois ne nous concernant pas!), aéroport de Johannesburg (où nous passons 6h, heures essentiellement passées à faire du shopping, il faut bien tuer le temps...) aéroport de Windhoek (arrivée 21h, bien decalqués...). Le loueur de voiture nous emène gratuitement à notre hôtel, et là encore c'est un peu surréaliste quand on descend du minivan : on a 2 sacs de voyages, une tente 2 secondes à peine encombrante, 2 sacs à dos, un pied photo (qui, dans son sac noir m'a valu quelques regards en coin dans les aéroports, car c'est a peu près le format d'un fusil...), un sac de duty free plein d'achats et mon oreiller violet en microbille qui ballotte accroché à mon sac à dos photo...
Ce matin, récupération notre super 4X4 équipé du nécessaire de camping qui vous permet de ne pas "passer-pour-un-touriste-tellement-pauvre-qu'il doit-manger-par-terre-à-la-lampe-frontale" et accessoirement vous permet de siroter votre bière du soir bien méritée confortablement assis dans un fauteil au coin du feu! Bon par contre la voiture est taillée pour les locaux car Cyril est à peu près aussi à l'aise que dans la 107 qu'on avait loué en Nouvelle Calédonie et quant à moi, il faut que je choisisse entre mes jambes et mon sac photo (rude choix non!!)... Par contre, à la grande hilarité du mec chargé de faire l'état des leiux de la voiture, le loueur à noté sur l'inventaire les bonbons à la menthe offerts par la compagnie!
Après les courses d'usage (trop fort ce pays dédié au touriste campeur où on peut acheter du PQ et des paquets de mouchoirs à l'unité!) et une polaire pour Cyril (il a oublié la sienne à la maison), nous taillons la route direction le nord.
Ce qui est rigolo ici, même si après 2 voyages en Afrique su sud nous sommes moins surpris, c'est ce mélange d'Europe en pleine Afrique, avec ces églises allemandes sur fond d'acacias et de magasins typiquement américains... Mais quand on voit les gens conduire, on sait immédiatement qu'on est en Afrique...
La brousse africaine est aux portes de la ville et nous réserve déjà son lot de petits clins d'oeil (une wolsvagen chico affublée d'une "I love Jeovah" sur le pare brise arrière, un phacocère qui broute au bord de la route sous un panneau "attention phacochère") et de loose incontournable (un gros orage plein de pluie et d'éclairs!!!!! Si si... ) Bon , c'est quand même le tout début de la saison des pluies ici, c'est pas que de notre faute si le township du coin est entrain d'être inondé.... Celà dit, les cieux orageux et les rideaux de pluie crevant des nuages anthracites sont d'un plus bel effet sur le bush, et je regrette de ne pouvoir m'arrêter prendre qq photos, pendant les qq minutes où les rayons dorés du soleil arrivent à traverser les nuages.
Nous arrivons à Otjiwarango (que nous avons mis du temps à prononcer correctement) à 17h00, après qq heures sur la route B1 qui, nous l'apprendrons plus tard, est la plus dangereuse du pays (200km de ligne droite + des gros 4x4 + des camions + des animaux sauvages qui traversent detemps en temps + une conduite très locale = combinaison mortelle). Des flamboyants demesurés nous attendent au bord de la route pour nous accueillir les branches grandes ouvertes...
Après une petite pause dans notre guesthouse (bushpillow, trouvé sur trip advisor en promo) nous allons retrouver Emmanuel et sa famille, avec lequel nous avions noué contact sur un forum de voyage. Commence ainsi une discussion riche et sincère, avec des gens qui sont venus s'installer en Afrique pour de bonnes raisons (ce qui n'est pas si souvent le cas finalement), à savoir un réel amour du continent et de la Namibie en particulier. Ils nous donnent un éclairage insoupconné sur le pays et ses multiples contradictions : lodges hors de prix et pourtant non rentables si ils ne sont pas couplés avec d'autres activités comme la chasse ou l'élevage du bétail, système des "conservancies" qui sont des zones confiées aux communautés locales qui louent des concessions aux lodges mais qui tirent tellement sur cette manne financière inespérée que de nombreux lodges sont sur le point de fermer, éducation et médecine à 2 vitesses, ravages de l'alcool et du manque d'éducation parmi les communautés noires (de plus divisées par des rivalités tribales), quasi abscence de mixité entre les communautés blanches/noire/métisses qui fait à la fois le bonheur d'expat' sud africains nostalgiques de l'apartheid et génère une discrimination positive pas toujours intelligente en faveur des noirs ...
Après avoir pris qq infos sur les meilleurs points d'eau d'ETOSHA et les qq coins à ne pas rater sur notre parcours (nous modifions un peu nos plans initiaux sur leurs conseils) nous fixons un rdv pour nous revoir le surlendemain, afin de rendre visite aux écoliers de PERI NAUA, dont je reparlerais plus tard.
La suite à la prochaine connextion internet...
PS: il fait gris et presque froid, alors qu'il faisait plus de 30 il y a qq jours (on a vraiment la loose...)