Recit d'une nuit australienne typique (enfin pour moi...)
"Nuit horrible. Bien que complètement déshydratée, j'arrive encore à produire de l'urine. Certains diraient que c'est la magie du corps humain, moi je dirais que c'est plutôt une malédiction ("a blessing and a curse" comme disent les anglo-saxons). En effet, après qq heures de sommeil réparateur, dans mon super duvet en plumes de canard recouvertes de teflon (TEFAL fait des progrès fous quand même...), je finis toujours par me réveiller avec une envie de faire pipi et là c'est le dilemme : ai-je assez envie pour
1) sortir de mon duvet (= perte de 10°C par rapport à la température ambiante)
2) sortir sous le auvent de la tente trouver mes chaussures froides et/ou humides (= perte d'encore 5°C)
3) sortir sous la pluie (= perte d'encore 5°C) en culotte pour aller soulager ma vessie sans me faire repérer par un campeur insomniaque (la suite vous prouvera que ça existe).
Evidemment c'est toujours NON la première fois. Sauf que la encore la magie du corps humain fait que l'urine ne va que dans un sens (particularité que nous partageons d'ailleurs avec les animaux!) et donc ne remonte pas vers les reins, ce qui fait qu'en général l'envie s'accentue avec les heures, surtout quand il fait froid et humide...
Bref, après 3 ou 4 réveils pour "checker" l'état de ma vessie, je finis toujours par craquer tout en sachant que, malgré ce soulagement, je n'arriverai pas à me rendormir tout de suite. Et oui, bizarrement cette petite gymnastique pour sortir de la tente (qu'est ce qu'il y a comme fermetures éclair dans une tente quechua!) vous réveille bien plus que d'aller au radar dans vos propres toilettes, les yeux à moitié fermés, et sans même avoir besoin de la lumière... Et puis, la pause pipi nocturne, à tous les coups ça vous fait repérer le ronfleur du camping, ce qui n'aide pas à se rendormir, parfois même AVEC des boules quies!
Mais, la fatigue aidant (et oui, à part les premières heures de sommeil vous avez eu une nuite de m...e jusque là) on finit quand même par se rendormir, jusqu'à ce qu'un emmerdeur (humain ou animal) vous réveille invariablement. Au choix: l'oiseau qui vient "miauler" et caqueter au pied de votre tente (mais pourquoi tant de haine...), le campeur insomniaque qui déclenche par erreur l'alarme de son gros 4x4 (j'ai failli 1) avoir une attaque 2) engueuler Cyril en pensant que c'était son i-phone) ou les gamins en pleine forme à 6h00 du mat' (forcément, couchés à 19h00...). Et là, évidemment impossible de se rendormir avant 7h00 du matin, à peu près l'heure à laquelle votre cher et tendre se réveille et vous embrasse en vous demandant si vous avez bien dormi!!! Autant dire qu'il vaut mieux pour lui ne pas avoir une kalachnikov sous la main à ce moment là.
Mais comme tout ça est presque ma routine maintenant, j'ai attrapé un rhume qui ne demande qu'à se transformer en bronchite, version "migraine et bronches en feu". En plus, en Australie aussi on change d'heure et c'est forcément ce matin que nous PERDONS une heure de sommeil... Dommage, nous n'allons pas pouvoir profiter du temps écossais qui s'est installé sur les "blue mountains", à savoir pluie et brouillard à couper au couteau. Autant dire que ranger la tente dans ces conditions ressemble un peu à ce jeu qui existait lorsque nous étions marmailles, avec un tapis arborant des ronds de couleurs sur lesquels nous devions poser les mains et les pieds, en essayant de ne pas faire tomber les copains. "
bon, rassurez vous, même si on a eu d'autres bonne journées de loose (et des nuits aussi), on a quand même vu un peu le soleil, et le camping c'est sympa quand même!