En fait on ne déménage pas vraiment, on habite toujours à la réunion et on s'y installe même un peu plus
durablement. En plus on reste toujours dans la même maison...
Disons que comme on avait peur de s'ennuyer pendant nos vacances en métropole (faire des grasses mat',
des musées et bouquiner c'est tellement surfait) on a préféré passer 3 jours entiers chez ikea, rassembler et
trier 15 années d'affaires entassées chez nos parents et amis, conduire un camion de 20 m3 de Paris à Limoges
et charger 1tonne 5 de meubles et cartons en 2h dans un conteneur à 1m20 du sol. Rassurez vous : on s'était
un peu échauffé la semaine précédente en donnant un coup de main pour déménager la sœur de Cyril du 15ème
au 18ème arrondissement de Paris, du 3ème au 4ème sans ascenseur d'un immeuble Haussmanien aux
escaliers aussi étroits que glissants.
Voici la trame de notre périple (histoire que vous y compreniez qqch), avec bien entendu les inévitables anecdotes
qui suivent derrière:
lundi : errance dans Bondy et ses environ pour trouver le ALINEA et LAPEYRE. Stupide arrogance d'avoir imaginé
s'en sortir sans GPS. Remarques étonnés des parisiens : « ben oui, Domus c'est le centre commmercial où il y a
Alinea... » (sous entendu : il y a encore des gens en France qui ignorent ça?)
Mardi et mercredi : Casa, Maison du monde et repérage chez IKEA. Appel de la banque pour savoir combien de
millions d'euros on a droit de dépenser chez ikea en une journée (après les qq milliers dépensés chez Casa et
maison du monde).
jeudi : fin de l'empaquetage des cartons chez à mère à porte dorée (PARIS). Engueulade de couple au milieu du
papier bulle, du chaterton et des cartons étant donné l'avancement de l'empaquetage et l'échéance imminente.
Déjeuner et dîners avec copains et famille histoire de continuer à prendre un peu de poids.
vendredi : récupération du camion à maisons alfort en métro et aux aurores , embouteillage pour aller à Bondy,
récupération des meubles dans le garde meuble et chargement du camion (aïe mon dos), embouteillage pour
aller chez ikea, 11h30 à 18h30 chez IKEA (quasi meurtre d'un ou deux clients, bises à la vendeuse du snack qu'on
appelle par son prénom tellement on la voit souvent), embouteillage pour le retour à porte dorée , chargement
des cartons / vélos / luge ...(si si , une luge!) à l'autre bout de la résidence et dîner (même plus la force d'aller
acheter des sushis tout prêts). Il est 21h30, la journée a commencé à 8h30...
EUROPCAR :
louer un camion de 20 m3 n'est pas une mince affaire. D'abord ça coûte un bras (l'autre bras étant réservé à payer
l'essence -200 eur- et le péage – 82 eur-), ensuite c'est comme une ENORME voiture mais sans visibilité derrière
et une hauteur de 3m40 (c'est fou comme on prête subitement attention à tous ces panneaux indiquant la hauteur
autorisée à l'entrée des parkings /stations servies/péages...). Ensuite quand c'est une agence de blaireaux qui
vous la loue c'est encore mieux : pare brise fendu sur presque toute la longueur, tentative de « grugage » sur le
gazole (« vous le ramenez avec le plein » alors que le réservoir était rempli seulement aux ¾ , et ¾ de 80L ça fait
une différence!), agence fermée bien avant l'heure de retour de la voiture sans aucune indication pour le retour
des clés (et puis garer un camion dans une rue de maisons alfort c'est tellement facile!). Sans parler de la grosse
frayeur à la station essence (clé de contact coincé dans le bouchon du réservoir presque vide) ni de l'angoisse à
l'idée de laisser une nuit entière le camion chargé avec toutes nos affaires et tous nos achats dans une rue de
Paris (on a fini par le garer contre un lampadaire pour qu'on ne puisse pas ouvrir les portes arrières pendant la
nuit). Je passe bien entendu sur le chargement de 2 buffets et d'un secrétaire (entre autres), à 2, sachant que le
plateau du camion doit être à 80cm du sol...
IKEA : on en avait tellement rêvé qu'on avait occultés certains détails...


après 2 jours passés tranquilles (magasin presque pour nous tout seuls) à repérer nos achats, faire les plans de
notre futur îlot de cuisine (Cyril fantasme sur des tiroirs de cuisine, que voulez vous...) et du chenil de la clinique,
nous pensions naïvement que la phase « achats », si consciencieusement préparée, se déroulerait comme sur des
roulettes.
Sauf que
1) le banquier de Cyril est un blaireau, et on se demande bien à quoi sert une carte premier quand on ne peut pas
payer plus de 1000 eur d'un coup. Surtout quand le dit blaireau a assuré à Cyril au téléphone, sur un ton agacé,
qu'il avait droit à 8000 eur de dépenses par mois, et même en une fois si ça le chantait. Comme on a un peu la
loose, on avait transféré une bonne partie des sous destinés à ikea sur son compte, dont on a presque rien pu
sortir …
2) le principe de réduction des coûts chez ikea, c'est en partie de faire faire par les clients gratuitement ce qu'on
pourrait faire faire aux employés... c'est à dire passer des heures dans un hangar à jouer au jeu de piste : 4 pieds
de table allée 25 / place 12, un évier allée 3 / place 4, 1 porte de placard allée 40 / place 42. On se répétait en
boucle « on économise de l'argent là !» quand on poussait nos 3 chariots chacun chargés à 150 kilos, avec un total
de 117 paquets, rien que pour les éléments de cuisine. On se le répétait encore pendant les 35 minutes passés à
attendre notre tour à la seule caisse du magasin permettant de faire passer les gros chariots. Sauf qu'on a failli
s'étrangler qq jours plus tard quand ma famille nous a dit que « c' est bizarre quand même, nous le mois dernier
pour la cuisine, on a juste payé en caisse et puis on a attendu qu'on nous livre tout déjà préparé sur 2 chariots ! ».
Alors qu'ils avaient « seulement » 73 paquets...
3) c'est bien beau de charger des chariots jusqu'à la gueule, mais quand le camion est garé dans le fond du
parking situé à l'autre bout d'un faux plat montant, on fini bloqué au milieu du parking, mort de rire mais conspué
par les clients à pied ou en voiture (et oui, on gêne quand même!). Il ne reste plus qu'à reculer puis prendre de
l'élan et … courir en poussant son chariot !
4) difficile de pousser à la fois 3 chariots pour la cuisine, 2 pour le canapé, 3 pour les penderies et 1 pour toutes
les petites conneries accessoires. Résultat on passe plusieurs fois en caisse (4 en tout), et quand on a enfin
presque fini (Cyril m'attends avec l'avant dernier chariot) j'ai la grande idée de passer à une caisse prioritaire
(ben oui, y avait vachement moins de monde...). Sauf que forcément, comme la moitié des femmes en âge de
procréer chez ikea sont enceintes, j'ai du en laisser passer une, puis une petite vieille, puis un sourd et muet. Et
là, j'avoue, j'étais tellement à bout que j'ai failli lui hurler (ce qui aurait été légèrement inutile...) qu'il y avait
marqué sur la pancarte « priorité aux femmes enceintes et aux personnes à mobilité réduite. Etre sourd ça
n'empêche pas de marcher que je sache... Je sais c'est ignoble, mais j'ai seulement failli...
CHARGEMENT DU CONTENEUR :
Heureusement que Cyril a eu une brillant idée, car sinon on y serait encore... On a seulement 2h pour charger
le conteneur (sinon ça coûte une jambe, et oui on a déjà vendu nos 2 bras si vous suivez), celui restant en
attendant sur le camion, donc très très haut ! On a donc décidé de mettre le cul du camion au cul du conteneur
(et on même pensé à ouvrir les portes avant!) en laissant juste 50 cm entre les 2 , histoire quand même de
pouvoir entrer et sortir (enfin seulement si on est pas obèse).




Bref, on est pas prêts de re déménager de sitôt à 10 000 km de distance, ou alors on vendra nos 2 bras et nos
2 jambes pour payer des déménageurs.
Ce qui est sûr, c'est que pour décharger le conteneur, au pied de notre petite allée qui a une pente à 60 %,
probablement sous des pluies tropicales diluviennes (c'est l'hiver et on a la loose), et tout porter jusqu'à chez
nous , on va avoir besoin de vrais amis... Mais on est sympas, on vous prévient à l'avance pour que vous prépariez
de super excuses...