France, terre d'accueil
Ca y est, nous sommes rentrés, hier soir, sain et sauf. Et si le séjour en lui même s'est très bien passé, le retour s'est avéré houleux, dans tous les sens du terme. D'abord, à cause du cyclone
Gael, qui a effectué un quart de cercle à 300 km des côtes de la Réunion (et dont les pluies périphériques ont fait beaucoup de dégats ici), et qui a rendu la fin de voyage un peu agité.
Nous avions deux vols pour rentrer, le premier jusqu'à Saint Denis, dans le nord de l'ile, et le deuxième jusqu'à Saint Pierre, dans le sud. Notre premier vol est parti de Johannesbourg avec une
heure de retard. Nous avons donc eu le privilège de profiter de la dernière demi heure de vol en Business, afin d'être les premiers à sortir et d'avoir notre correspondance.
On sort donc de l'avion, pour arriver jusqu'aux rayons X (ben oui, on aurait pu fabriquer une bombe dans les deux minutes qui ont précédé!), et là problème : on ne peut pas garder la bouteille
(scellée au duty free) que nous avons acheté à l'aéroport de Johannesbourg, nouvelle règle (et oui, l'an dernier c'était encore possible)... Interdit de voyager en transit dans l'union
européenne avec des bouteilles qui ne proviennent pas de l'union européenne. Hum... Règle de sécurité ou bien manière de forcer les gens à acheter les bouteilles en Europe et non à l'extérieur?
Bref, une solution a été trouvée, qui a été de faire enregistrer un de nos sacs de cabine en soute, avec la dite bouteille. Et là, on peut remercier la compagnie aérienne qui n'était pas obligé de faire ça. Mais la conséquence, c'est qu'il fallu sortir de la salle d'embarquement, enregistrer le bagage, puis repasser les rayons X, avant de pouvoir embarquer, tandis que le sac transitait en priorité absolue pour arriver à temps dans l'avion. On nous conduit donc rapidement en salle d'embarquement, puis dans le sas non moins rapidement, et à la sortie, une voiture avec chauffeur s'il vous plait nous attend, pour nous conduire directement au pied de l'avion. Je dois dire qu'on s'attendait à être accueillie par les autres passagers avec des tomates, puisque le vol avait plus d'une heure de retard. Et là, grosse surprise, personne dans l'avion. Enfin si, deux pilotes, une hotesse et un stewart, rien que pour nous. Un ATR de 60 places, rien que pour nous deux. La mauvaise nouvelle dans l'histoire, c'est que nos bagages n'ont pas suivi, car pas enregistrées jusqu'à destination finale. Cette fois, gros mauvais point pour la compagnie, qui n'a pas réussi à récupérer nos bagages alors que nous étions les seuls en transit, et que nous avons passé près d'une demi heure dans l'aéroport.
Je peux vous assurer que c'est assez surréaliste de se faire démonter les consignes de sécurité, en français et en anglais, rien que pour nous deux. Surtout quand, pour une fois le steward peut
se lâcher et se marre autant que nous.Et le "Nous vous souhaitons, Madame, Monsieur, une très bonne fin de soirée" du pilote, à la fin du vol c'est assez génial.
Ce que nous n'avions pas calculé, et c'est là que ça se gâte vraiment, c'est que les douaniers allaient, eux, avoir deux passagers rien que pour eux. Autant, le passage de la police de l'air et
des frontières a été simple, ce qui est un fait rare me concernant, autant la douane nous a fait notre fête. La mienne dans un premier temps, Nancy étant occupé à remplir les papiers concernant
les bagages.
Deux douaniers. L'un (noir c'est peut être important de le préciser) qui dit à l'autre, tout fort, en regardant alternativement mon passeport : " Et, ça pourrait bien être
quelqu'un d'autre tu trouves pas, je trouve que la ressemblance n'est pas frappante, un frère peut être...". Je sens que notre cher président va bientôt imposer tout ou partie du livret de
famille, genre les photos des parents et des frères et soeurs, histoire de rendre la tâche plus facile à ces chers douaniers. En tout cas, avec les casseroles que je traine dans toutes les
douanes du monde, l'amalgame a été vite fait. Les sacs n'ont pas été ouverts que l'intimidation commence... Et là on me somme de tout ouvrir, tout vider. Ce qui se limite à nos bagages à
main, puisque le reste n'est pas arrivé. A ce moment la, je me sens quand même assez content de ne pas avoir à déballer nos 40 kg de bagages, car c'est sur qu'ils auraient tout regardé. Des
questions d'ordre privée ( "Ou est ce que vous avez acheté ça? qu'est ce que vous aller en faire?" ) ou légitimes mais posées de manière arrogante : "Pas de trophée d'animaux, d'artisanat
d'origine douteuse?". L'envie de répondre est là, mais pour qu'ils nous cherchent encore plus de poux dans la tête, c'est pas forcément la bonne idée".
Puis arrive ce qui pose problème, l'appareil photo de Nancy. Le gars, toujours le même (l'autre se fait tout petit à côté), a l'occasion de nous montrer qu'il s'y connait en photo, qu'on ne la
lui fait pas et qu'il sait ce que ça vaut et qu'on a intérêt à lui montrer les factures (appareils et objectifs), si l'on ne veut pas qu'ils nous saisissent le matériel. Deux problèmes : 1. Nous
n'avons pas emmené les factures. 2. Nancy a acheté une partie du matériel d'occasion, et n'a pas du tout les factures. La leçon de morale va durer une demi heure. Les tergiversations aussi, entre
les deux douaniers, notre nouvel ami souhaitant saisir l'appareil, jusqu'à fournir les justificatifs ou bien payer les taxes, l'autre préférant nous laisser partir comme ça. Nous nous en
sommes finalement tirés à bon compte puisque nous avons pu repartir avec l'appareil.
On aurait été plus tôt ennuyé si il avait été saisi, c'est un euphémisme, mais quelque part, ils n'auraient fait que leur travail, ce qui est pénible, et la aussi c'est un euphémisme, c'est cette
condescendance et ce mépris. Heusement que nous n'avons pas ramené de crâne d'éléphant, car là, je crois que c'était prison perpétuité....
petite précision de Nancy: "Nul n'est sensé ignorer la loi " certes, mais ça c'est de la belle théorie de legislateur. Ca fait 8 ans que la loi sur les chiens dits dangeureux est
passée et je vois encore des gens toutes les semaines qui l'ignorent, alors que les journaux parlent nettement plus des morsures de chiens que des traffics d'appareils photo... Bref, on m'a prise
pour une idiote et/ou une menteuse quand j'ai dit que j'ognorais la nécessité d'avoir des factures lors d'un voyage, et je n'ai pas menti. heureusement que je ne comporte pas comme eux avec mes
clients sinon je serais déjà au chômage... Fin de l'aparté
Le deuxième épisode a eu lieu aujourd'hui puisqu'il fallait encore récupérer nos bagages. Nous avions le choix entre nous les faire envoyer et aller les chercher. La compagnie nous a conseillé
d'aller les chercher, car il était préférable d'être la quand les douaniers les ouvriraient, car évidemment ils allaient les ouvrir. Nancy, qui ne travaillait pas aujourd'hui prend donc rendez
vous pour aller les chercher. A son arrivée, surprise, l'hotesse l'informe qu'elle ne pourra pas récupérer les bagages aujourd'hui, car les douaniers n'ont pas daigné attendre jusqu'à l'heure du
rendez vous et sont partis 5 minutes avant...
Conclusion, on a demandé à se faire envoyer nos bagages, en espérant tout retrouver à l'intérieur (notamment du bon vin), et qu'il ne nous demande pas de venir assister au grand déballage. On a
passé une partie du début de nuit à chercher ce qui pourrait être compromettant, sans qu'on ne trouve grand chose, mais il y a maintenant tellement d'interdits que ça devient compliqué de n'avoir
absolument rien d'illégal. Les douaniers savent donc qu'ils arriveront surement à trouver quelque chose s'ils le veulent et ils en jouent.
On s'est souvent moqué, moi le premier, du service d'immigration des Etats Unis qui est loin d'être une sinécure, mais j'ai l'impression que sur ce point, nous avons de moins en moins de
choses à leur envier, ce qui ne doit pas déplaire à qui vous savez.... Moi, j'ai honte.