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blog de voyage et de notre vie à la Réunion

30 Oct

Extrait du journal de voyage de Madagascar (17/10/2007)

Publié par Nancy

journée de retour d'Ankevo/mer vers Morondava, en pirogue.
photos-mada-sept-oct-2007-418.jpg
"Lever 5h 00 du mat’ (ça faisait longtemps…) pour réussir à prendre un frugal petit dej’ (l’incontournable thé et l’unique galette de riz « moraki » au sable et au miel de « Mme Hélène ») avant le départ à 6h15. C’est peut être idiot, mais j’ai le sentiment que le fait de partir le ventre plein (et les 2 comprimés de NAUTAMINE que j’ai avalés au réveil…) m’aidera à ne pas être malade comme à l’aller ! Bref, après les au revoirs, nous embarquons sur cette maudite pirogue… Nous partons au moteur, car – comme d’hab’ avant 8-9h - il n’y a pas un pète de vent et au bout d’environ ¾ d’heure les 2 piroguiers arrêtent le moteur (qui d’ailleurs ne me semblait pas fonctionner à fond depuis le départ) pour une raison pas très claire. Enfin on croit comprendre :
-         moi : qu’il ne faut pas arriver trop tôt à Morondava (notre destination) sinon la mer sera trop basse et on ne pourra pas rentrer dans la passe (excuse officielle)
-         Cyril : il y a déjà trop de houle pour continuer au moteur et il faut attendre que le vent se lève pour continuer à la voile (excuse officielle)
-         Nous deux : le moteur est cassé ou presque et ils ne veulent pas nous le dire…
C’est dire si le message est clair…Mais comme aucun des 2 ne parle bien français on n’insiste pas… Sauf qu’au bout d’1h arrêtés, faute de vent, avec le roulis qui commence à me donner le mal de mer (la prochaine fois c’est décidé, j’avalerai la boite entière de NAUTAMINE) je commence à fulminer intérieurement. Même moi qui ne suis pas « navigatrice » pour deux sous je sais à quelle heure la marée est basse à Morondava et qu’ici il n’y a jamais de vent très tôt le matin. Je ne vois pas l’intérêt de partir aux aurores si c’est pour poireauter 1h en mer avec ce p…….n de roulis !
 Enfin, le vent se lève et nous nous mettons à avancer, sauf que la voile nous semble dans le mauvais sens (en gros « on est pas sur le bon bord » pour ceux à qui ça évoque qqch…). Quand ils finissent par s’en rendre compte et changent la voile de côté (ce qui représente un bazar pas croyable car tt est attaché avec des cordes à des endroits pas possible), nous filons enfin à vitesse raisonnable, et ce pendant plusieurs heures, jusqu’à ce que le vent tourne et que la mer commence franchement à s’agiter. Pendant qq minutes nous sommes mêmes littéralement immobilisés par la force du vent (et oui « immobilisés par le vent » ça arrive !). Commence alors une longue lutte contre les éléments (au sens propre car honnêtement ça tenait + du combat que de la navigation…) pour avancer car d’un côté le vent nous pousse et de l’autre les vagues nous freinent : super, on est pas près d’arriver… 
Bizarrement, je n’ai pas le mal de mer, je dois être trop concentrée à prier le ciel pour que la pirogue ne se retourne pas ! En réalité c’est presque impossible parce qu’avec son flotteur latéral elle est super bien équilibrée. Cela dit il est toujours possible que le mât (qui semble illustrer un cours de « résistance des matériaux » à se tordre dans tous les sens) ou le flotteur casse (ce qui là, pour le coup, est parfaitement possible vu la confection artisanale de la chose) et là c’est le chavirage garanti ! Bref, on a passé des heures à « prendre des bords » (faire des zigzags quoi) en changeant la voile sans arrêt (10 minutes de manip à chaque fois et passage incessant des piroguiers de l’avant à l’arrière, ce qui, sur un bateau de 60 cm de large, nécessite une gymnastique collective…) sur une mer suffisamment déchainée pour nous rappeler qu’on était sur une coque de noix… Grâce à l’adresse de nos piroguiers (qui ne s’étaient jusque là pas illustrés par leur technique) nous avons fini par arriver sains et saufs et sommes entrés dans la passe de Morondava en surfant littéralement sur une vague !
Nous qui avons payé pour une pirogue à voile assistée d’un moteur justement pour ne pas dépendre du vent, nous avons passé 8H30 dans une pirogue (hautement inconfortable je peux vous le garantir) pour faire 60 malheureux km !!! Et vous savez quoi, on est tellement bonnes pommes qu’on leur a même donné un pourboire !
Les choses que nous avons faites dès notre arrivée :
1)      trouver un hôtel
2)      foncer aux toilettes (vous imaginez, vous, 8h30 ss faire pipi ?)
3)      prendre une douche à l’eau courante
4)      s’écrouler sur le lit
5)      avaler en 4secondes ½ une crêpe banane-chocolat au Snack Hatéa
6)      renoncer à en commander 4 autres (de loin la chose la plus difficile de cette liste !)
7)      aller au cybercafé se rappeler les joies du bas débit
8)      aller prendre en photo « la pharmacie de l’espoir »
9)      s’écrouler sur le lit
10) boire un punch en débattant sur « l’heure-à-laquelle-il-est-décent-d’arriver-au-restaurant » (définitivement pas 18h)
11) dévorer une assiette de pâtes à la crème et des crevette/frites (vu que nous avons rayé le poisson et le riz de notre alimentation pour au moins les 15 prochains jours) et caler avant la fin (même nous on y croyait pas)
12) s’écrouler sur le lit
13) refaire le monde (surtout la partie qui concerne Madagascar)
14) s’endormir comme une masse"
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