Mada ne ressemble à rien d'autre...
... de ce que nous avons déjà vu, en tout cas. Mélange d'Afrique et d'Asie avec des gens ou des vêtements qui font penser aux Andes. Nous sommes à Antsirabe, à 180 km au Sud de la capitale, ou
l'influence de l'Asie, de la chine en particulier, semble être encore plus forte. Il y a ici des milliers et des milliers de pousse-pousse, vestiges d'une période ou les chinois étaient venu ici
construire le chemin de fer.
On est mardi, nous sommes ici depuis 4 jours, et l'impression d'en avoir pris plein les yeux est déjà là. Pas tant par les paysages que par les gens. Nous avons fait une balade à cheval hier.
Inoubliable, tant par le fatigue ressentie à l'arrivée (quasi 6 h de cheval pour un débutant comme moi c'est exténuant!) que par le contact avec les enfants sur le bord des chemins. Impossible de
dire combien de fois on a pu saluer les gens. Impossible de dire non plus combien on a pu voir d'enfants. Alors c'est sur que ce ne sont pas les adultes qui arrivent en courant pour voir les
"Sevaux" qu'ils n'ont pas l'occasion de voir souvent (300 chevaux dans tout Mada), encore moins avec des Vazahas (étrangers blancs) dessus, mais c'est incroyable de voir le nombre d'enfants de
moins de 5 ans (qui souvent tiennent sur le dos leur frère ou soeur à peine plus petit d'eux) qu'il y a ici. Il y a environ 17 millions d'habitants à Mada, dont la moitié à moins de 20 ans. Il y
a en moyenne 6 enfants par femme, et on se rend mieux compte pourquoi la population devrait doubler d'ici 10 ans.
La misère est très grande ici, elle se voit et elle se ressent à travers les sollicitations qui sont nombreuses. Alors voir les enfants qui hurlent pour appeler les autres à venir nous voir ou se
précipiter en dehors des écoles et éclater de rire quand on leur dit bonjour ou quand on les salue, on se dit que c'est déjà ça de pris.
Ce qui est difficile ici, c'est le rapport à l'argent et au confort. Difficile de faire comprendre aux taxis et au pousse-pousse que l'on veut marcher, car la marche c'est pour les "pauvres",
ceux qui n'ont pas les moyens d'utiliser un moyen de locomotion moins fatiguant. Difficile aussi de trouver la somme équitable à payer. Ca parait normal de payer un peu plus que ce que paierait
un Malagache puisqu'on a bcp bcp plus d'argent. Mais on n'a pas vraiment envie d'être pris pour une tirelire ambulante. La monnaie étant très élevée ici par rapport à l'euro (1 Euro = 2500 Ariary
Malgache), on se retrouve avec des liasses de billets énormes (on sera millionnaire au moins dans un pays!) et on a du mal à se représenter ce que chaque billet vaut.
Ce qui ressort de ces premiers jours par rapport à ça, c'est qu'on s'est fait "vacciner" au Sénégal et qu'on a reçu ici la piqure de rappel! La tourisme est encore assez peu développé ici, par
rapport à d'autres pays d'Afrique, et malgré les difficultés rencontrées, on sent un contact beaucoup plus naturel avec la grande majorité des gens. Espérons que le développement d'un tourisme de
masse (qui arrivera un jour ou l'autre) ne changera pas tout ça.
Encore une journée ici pour profiter de notre hotel qui ressemble au village des schtroumpfs (avec plein de petites huttes), et on part demain pour une semaine avec un guide pour voir un truc
classé au patrimoine mondial et des nanimos pour faire plaisir à la veto des deux. La suite s'annonce donc aventureuse! Cool...