Raul Paz

Quand on est parisien, la première image que l'on a de Raul Paz est celle d'un chevelu mal rasé, avec un nom laissant à penser qu'il ne joue pas de la flûte traversière, et dont les affiches
tapissent régulièrement les murs des stations de métro.
Quant on est parisien, le choix de sorties possibles est plutôt large. Il faut donc faire des sélections, dont Raul Paz n'a jamais fait parti. Surement parce que le peu qu'on en connait (il est
très peu diffusé) laisse imaginer qu'on va avoir à faire à une salsa cubaine qui n'aurait rien de bien différent de ce qu'on a déjà entendu des dizaines de fois. Probablement
aussi parce que, comme diraient certains grabouilleurs du métro "Trop de pub tue la pub". Vision assez étriquée donc...
Quant on est réunionnais, on n'a pas le même choix que quand on est parisien. Et comme Justin Timberlake avait sans doute bien mieux à faire ailleurs qu'à la Réunion, nous somme allés voir Raul
Paz hier soir. Et bien, comme ça arrive souvent lorsqu'on n'attend rien de quelque chose, ce fut une magnifique surprise. D'abord, on est loin du cliché du fils spirituel de Compaye Segundo. Il a
un style, il a une pure voix et c'est finalement assez rare d'entrendre chanter espagnol (Julio Iglesias ne compte pas). Il a des musiciens qui montrent un réel plaisir à être là et à jouer pour
lui. Le résultat était assez génial, une musique vraiment prenante et un théatre a fini debout.
Quand on est réunionnais, on conseille donc vivement aux parisiens (et aux autres) d'aller voir qui se cache derrière cette affiche. Ca vaut le coup et tout le monde n'aura
pas une deuxième chance...