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18 Dec

Les chats noirs en Namibie : ETOSHA

Publié par Cyril et Nancy  - Catégories :  #Namibie 2012

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Malheureusement, après un endormissement « coup de massue », la nuit est beaucoup moins bonne car

1) il fait très chaud

2) comme il fait très chaud j'ouvre la tente et fait rentrer une armée de moustiques voraces

3) le vin ne remplace définitivement pas l'eau quand il s'agit de s'hydrater donc j'ai une gueule de bois nocturne...

 

Quand le réveil sonne à 5h30 (et oui, on est taré, mais les animaux eux ont rarement la gueule de bois et donc se lèvent tjs aux aurores) je ne sais même plus où j'habite, et encore moins où je me réveille. Bref, nous sommes bien surpris quand nous arrivons à la « gate » (les portes d'entrée qui nous séparent du bush et des hyènes mangeuses de touristes) il n'y a qu'une seule voiture quand en Afrique du sud il y en avait 15 au moteur rugissant 30 minutes avant le lever du soleil ! Cool, si il y a des lions qui se chauffent sur la route, ce sera pour nous … Nous fonçons donc, dès 6h25, vers un point d'eau réputé pour être le logis d'un couple de lions(Okondeka) mais évidemment à part quelques springboks et 1 autruche, rien ne bouge. Nous comatons dans la voiture en avalant un semblant de petit dej' mais finissons par capituler et roulons jusqu'à Gemsbokvlatke (ou un nom du genre totalement imprononçable et presque tout aussi impossible à écrire). Nous y apercevons immédiatement une faune mélangée : antilopes diverses, girafes, oiseaux et qq zèbres. Très vite, de toutes les directions affluent des zèbres par dizaines, voire par cinquantaines, et d'un pas décidé, ce qui est rare pour les zèbres et indique l'absence de prédateur, ou peut etre une certaine confiance liée au nombre... Et oui, pour ceux qui n'ont jamais vu de zèbres et qui les imaginent en fougueux chevaux drapées de rayures, majestueux et altiers, sans peur et sans reproche (oups je m'égare, c'est Zorro ça...), et bien je vais casser le mythe : un zèbre ça a peur de tout, ça marche 2 pas puis ça s'arrête, puis rebelote (au cas où, 5 mètres plus tôt, ils aient loupé un truc) et puis quand ça a peur ça fait un bruit de klaxonne ! Bref, des groupes de zèbres arrivent de toute part pendant 1h sans discontinuer et là tout s'anime : certains se battent en duel, d'autres boivent en rangs serrés et bottent les nouveaux qui veulent s'incruster, approchent l'eau dans des positions bizarres si bien que certains finissent à la baille quand ça pousse trop derrière (ce qui fait évidemment partir en courant tout le monde comme une volée de moineaux). Bref la devise du zèbre c'est : fuit et tape, tu réfléchiras après...

 

Nous finissons par repartir vers le camp alors que la chaleur commence à être très importante et nous repérons une voiture arrêtée sur le bord de la route, ce qui en général est le signe que les passagers ont repéré qqch (si ce sont des antilopes genre springboks, on sait que ce sont des touristes en tout début de safari, car le springbok est à Etosha ce que le pigeon est aux toits parisiens : partout !). Et bien non, miracle, pas de springbok mais un gros lion mâle faisant la sieste à l'ombre et en plus un lion qui connaît bien son job d'attraction à touriste : et que je me roule sur le dos, et que je lance des regards aguicheurs et que je prends des poses lascives du genre « mais si vous pouvez descendre de la voiture je ne vous ferai rien de mal.... C'est çà qui est bien avec les lions : ils sont très pros et ont une réputation à défendre. Les léopards on ne peut jamais compter sur eux : « non je ne veux pas me montrer, j'ai plus rien à me mettre car j'ai fait une tâche de sang sur ma robe qui part pas au lêchage et puis en plus je me sens grosse et j'ai la migraine..."  Quant aux guépards : 20 s de sprint à 70 km/h et la journée pour récupérer, alors forcément si t'es pas là dans les 20 bonnes secondes...

La séance photo finie, nous abandonnons à regret notre bon gros lion (au pied de la voiture en plus) au minibus qui vient d'arriver et rentrons plier le camp, direction le camp d'Halali où nous dormons ce soir. Nous prenons la piste principale et à cette heure où la chaleur est écrasante et où la savane plate défile pendant des dizaines de km, nous avançons sans grand chose pour nous distraire. Arrivés au camp, nous assistons à un grand moment de solitude pour l'hôtesse d'accueil qui se fait engueuler par une mamie de 80 ans (c'est elle qui n'arrête pas de le répéter) car la piscine et le point d'eau où viennent boire les animaux sauvages ne sont pas juste à côté de son bungalow, et qu'à son âge elle va être obligé de marcher !

 

Notre emplacement choisi (la moitié du camp est libre), nous « partageons » notre pique nique avec des habitués des restes de campeurs : écureuils pas vraiment farouches, merles métalliques (pas du tout farouches)... Puis, dans la chaleur étouffante, la piscine du camp nous attire comme un aimant, malgré le bruyant groupe de papi russes qui a investi les lieux. Alors que nous « trempons » pendant 1h30 pour éviter à notre corps de finir de se dessécher totalement, une famille allemande s'enfile des pintes de bières avec autant de barquettes de frites en guise de goûter !

 

Vers 16H30, nous repartons à l'assaut d'un point d'eau (Noniams) qui est censé être un coin à léopard mais qui, au bout d'une piste cabossée, est complètement à sec et donc sans intérêt (rien dans les arbres non plus, on a quand même vérifié!). Nous nous rabattons donc sur le point d'eau le plus proche (Gomas) où dès notre arrivée nous aperçevons, en plus des 3-4 voitures et car présents, des lions, loin sous un arbre, à l'ombre et entrain de dormir. Quand certaines voitures partent seulement 5 min après notre arrivée, nous déduisons que les lions doivent être là depuis un bon moment, sans avoir rien fait d'autre qu'agiter la queue 1 fois de temps en temps. Un groupe d'impalas les a bien remarqués, mais ils se relaient pour aller boire pendant que certains font la sentinelle de surveillance. Quand un lion lève la tête ou bougent une patte, tout le monde se fige, dans les "starting blocks", et regarde dans la même direction. Alors que nous dégoulinons patiemment en attendant que le roi des animaux et sa cour veuillent bien daigner venir boire, le bus safari en face de nous nous fait de grands signes : un énorme éléphant recouvert de glaise blanche séchée, se dirige droit vers notre voiture et la contourne par l'arrière, au dernier moment (ouf), et passe à notre droite du haut de ses 4 m de haut comme une apparition majestueuse et spectrale, pour se rendre au point d'eau. Les impalas profitent de la diversion pour s'enfuir et après le départ de l'éléphant, 2 lions s'approchent enfin du point d'eau pour boire. Autant dire que mon appareil photo est « en feu » ! Pourtant, uin animal semble attirer l'attention de touristes en face de nous, donc placé dans notre dos, et qui arrive à les détourner des lions : 3,4, 6, 10, 20, 25 éléphants !!! Ils empruntent le même chemin que le premier (donc nous retenons notre souffle dans la voiture) et, comme un énorme clin d'oeil au passé de la Namibie qui a connue l'apartheid (comme l'Afrique du sud), la première moitié est noire et la deuxième blanche !!!! Incroyable, c'est un remake du dessin animé « le livre de la Jungle » avec la « patrouille des éléphants », dont la chanson passe en fond dans ma tête ! Ayant épargné un à un notre voiture pourtant située sur leur trajet, dans leur grande bonté et leur incommensurable mansuétude, protégeant farouchement les éléphanteaux qui marchent sous une garde rapprochée, ils gagnent le point d'eau et y pataugent gaiement, les blancs d'un côté et les noirs de l'autre, s'aspergeant d'eau et de boue rafraîchissante. Quand ils finissent par ressortir, nous sommes morts de rire car ils sont tous devenus noirs et blancs : quelle belle parabole sur l'abolition de l'apartheid !!!

 

Alors que 3 des 4 lions se sont éloignés de l'eau sans demander leur reste quand les éléphants se sont approchés, 1 jeune lion mâle, arrogant et sûr de lui, reste sur la route de sortie des éléphants, et un gros éléphant mâle lui fonce dessus en le frappant (ou juste à côté?) de sa trompe, pour lui rappeler qui commande... Presque à ce moment, le ciel s'assombrit, le vent se lève, qq gouttes mouillent la savane et le tonnerre gronde ! J'ai beau ne pas croire en Dieu, franchement ça faisait très intervention divine tout ça, car en qq minutes le soleil était revenu, le vent tombé et la pluie asséchée... En tout cas les lions, qui ont bien compris la leçon, font une véritable haie d'honneur à la procession d'éléphants et regardent passer avec envie et résignation de mini éléphanteaux qui leur ferait un super « braaï » pour ce soir...

Nous pensons que le final de la pièce vient de se dérouler sous nos yeux, presque toutes les voitures s'en vont, et pourtant non ce n'est pas fini : le lion mâle le plus vieux vomit à grand renforts de hoquets (l'éléphant doit correspondre au top du stress pour un lion !) puis tous les 4 se dirigent vers le point d'eau où ils se remettent de leur émotions en chahutant et en buvant tout leur saoul. Puis, le gros lion mâle quitte le groupe et se dirige de sa démarche chaloupée et un peu arthrosique (roi des animaux certes, mais version senior...) vers … notre voiture !! Cyril met la main sur la manivelle de la fenêtre grande ouverte, je ne respire plus mais n'en perd pas une miette et shoot à griller ma carte mémoire. Il finit par se laisser tomber d'un seul bloc avec la même absence de grâce que notre chatte Mohélie, comme épuisé par tous ces efforts, mais à 20 m de notre voiture, car je vous rappelle que les lions sont vraiment très très pros...

Totalement médusés par ce spectacle incroyable, nous regagnons Halali à toute vitesse car les portes vont bientôt fermer et nous préférerions éviter de rester dans le parc pendant la nuit...

En essayant d'arriver au point d'eau du camp pour le coucher du soleil, je laisse ma place à 2 petites filles françaises et sympathise rapidement avec la maman. Leur petite famille a fait a peut près le circuit que nous allons faire mais en sens inverse, et nous échangeons impressions et bons plans tout en servant de dîner à une horde de moustiques affamés... Nous les remercions infiniment pour leurs nombreux tuyaux et regrettons de ne pas avoir eu le temps de récupérer leur e-mail. Pour clore cette journée merveilleuse un ratel vide consciencieusement une poubelle devant une foule de touristes médusés et rogne un bout d'os dans la plus parfaite indifférence !

 

 

l'album photo sur le lien suivant :  http://www.photoshopshowcase.com/ViewFlashMedia.aspx?AID=366253&AT=3

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si le lien ne marche pas merci de me le signaler dans les commentaires

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