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04 Oct

Les chats noirs en Namibie : le retour

Publié par Cyril et Nancy  - Catégories :  #Namibie 2015

jour 11- 29 avril. Fish river canyon

Ce matin, rando accompagnée depuis le « canyon village », à 25 km de là où nous sommes. En temps normal ça m’aurait fait râler de me lever tôt pendant les vacances mais comme on se couche avec les poules, on arrive à se lever tôt ET à dormir 10 à 11h par nuit alors…

Nous retrouvons donc Francis, qui nous emmène faire une « morning hike » dans les montagnes autour du lodge. Ca grimpe d’emblée, mais on commence à être reposés et bien entraînés donc pas de problème, même au saut du lit. Contrairement aux autres jours, même 2h après le lever du soleil il fait encore franchement froid et nous gardons nos polaires pendant une bonne partie de la marche, qui dure pourtant jusqu’à 10h. Francis, bien que moins bavard et moins rigolo que l’équipe du tok tokkie trail, nous apprend pas mal de choses intéressantes sur la géologie des environs: les rochers ocres, fissurés et arrondis que nous avons rencontrés plusieurs fois depuis le début du séjour sont fait de granite, mais d’une qualité très différente que celle que nous connaissons en Europe. Issu d’un refroidissement magmatique trop rapide, le granite d’ici est chargé de gros morceaux de quartz (en effet on en trouve partout par terre) ce qui le rend très friable. Ajoutez là dessus la dilatation et la rétractation de la roche liée aux fortes différences de température entre la nuit et le jour (on en sait quelquechose), et les gros blocs de granite se fendent comme un rien. Là dessus le vent polit et érode la roche jusqu’à en faire de gros blocs arrondis et parfois de véritables cavernes. Les autres types de roches sont la dolomite (jamais entendu parlé) et du « sand rock » littéralement de la roche de sable qui effectivement est très granuleuse en surface (un peu comme du papier de verre). C’est le type de roche le plus ancien, et il vire parfois au blanc tout en étant plus lisse quand il est très riche en quartz. De magnifiques vues sur les plaines en contrebas ponctuent évidemment ce petit cours de géologie. Nous parlons aussi un peu botanique, puisque les toits du lodge en contrebas sont fait en chaume, qui vient des hautes herbes qui pousse dans le nord est de la Namibie (la bande de caprivi) qui reçoit beaucoup d’eau de l’Okavango (avant qu’il passe au Botswana). Il y a aussi de curieuses plantes : une médicinale dont je serais incapable de rapporter le nom mais qui ressemble à un cactus et une autre qui est de la famille des euphorbes donc pleine de latex irritant que seuls les rhinos noirs peuvent manger. Quelques explications complémentaires également sur les quiver tree dont l’écorce est similaire à du plastique pour limiter la perte d’eau.

La végétation du sud est vraiment minimaliste et très adaptée au manque d’eau, d’autant plus que les 2 dernières années ont été particulièrement pauvres en précipitation et que l’hiver (la saison sèche) s’annonce tendue pour les animaux sauvages et les réserves souterraines en eau. D’après Francis, le climat change énormément et est beaucoup plus aride en Namibie que quand il était enfant. Espérons que dans quelques années le sud namibien ne soit pas complètement dépourvue de sa faune et de ses habitants.

Le retour au lodge se fait en traversant la montagne par une caverne creusée par le vent, déjà impressionnante en taille mais qui devrait encore s’agrandir dans les centaines d’années à venir.

Départ dans la foulée, après avoir presque du insister pour payer à la réception car l’employée avait fini son service et visiblement n’avait pas très envie de prendre 5 longues minutes pour effectuer un paiement « compliqué » par CB…

Cette fois ci nous prenons la bonne route et arrivons assez vite, après le paiement du permis d’entrée dans le parc, au point de vue nord sur le Fish river canyon. On se croit toujours préparé à ce qu’on va voir quand on a vu quelques photos mais la réalité dépasse toujours nos présomptions… La vue est vertigineuse, grandiose malgré la lumière dure de la fin de matinée. Après avoir savouré qq minutes, nous faisons comme la plupart des gens et partons à pied vers le « hiker’s view point », pour avoir au autre point de vue. C’est d’ailleurs de là que part la fameuse randonnée de 5 jours au fond du canyon, l’hiver uniquement à cause de la chaleur estivale, réputée particulièrement difficile et au nombre de places limitées. J’avoue que cette rando me fait un peu rêver mais, déjà, dormir à la belle étoile en pleine hiver alors qu’au mois de mai on se caille déjà sous une tente c'est pas cool mais en plus, le fond d’un canyon 2-3 jours c’est super beau, mais 5 jours c’est chiant… Il parait qu’il y aune autre rando plus au nord, mais pas vraiment dans le canyon je crois, où des mules portes les bagages. Ca me semble déjà beaucoup plus sexy que d’avoir à porter 5 j de bouffe et des tonnes de fringues chaudes (et depuis le bivouac au plateau de kerval je parle en connaissance de cause…)!

Alors que tout le monde est déjà reparti manger, nous regagnons la voiture pour trouver un endroit de pique nique moins fréquenté et plus sauvage. Et franchement, manger un petit sandwich jambon/cheddar/moutarde et cornichon (arrosé d’un « appletizer » bien sûr…) en face du canyon et ben c’est pas le pire truc au monde…

Il est déjà 13h30 et il faut repartir car notre autre objectif de la journée c’est de descendre tout au sud du Canyon, à Ai-Ais, qui renferme un camp de vacances-station thermal "kitsch" à souhait mais construit autour de sources chaudes. Et depuis la Californie, on a découvert qu’on aimait franchement bien ça les sources chaudes… Plus d’une heure plus tard, nous sommes donc à la recherche des sources que nous pensons situées en extérieur. Sauf que la seule résurgence d’eau est minable et à 65°C, ce qui me semble plus adapter à ébouillanter des crustacés qu’à baigner des réunionnais… Mais en persévérant, nous découvrons la piscine intérieure, faites de bassins et de « jaccuzis » alimentés par les sources chaudes. Pour la modique somme de 30 N$ chacun (en plus des 20 de frais d’entrée), nous allons tremper nos petits corps fatigués par les cahots de la piste dans des bassins à 38°C. Autant dire qu’on y aurait bien passé la fin de la journée, mais l’appel du sundowner étant plus fort que tout, nous reprenons la route vers le canyon roadhouse où cette fois nous montons tout équipés prendre notre apéro au coucher du soleil. Et bien nous en a pris, car c’est probablement le plus beau et le plus flamboyant des couchers de soleil auquel nous avons la chance d’assister. A chaque fois que j’ ai la flemme d’installer tout le matos photo en me disant, de toute façon, je peux pas prendre de meilleures photos que les jours précédents, et bien je finis toujours par capituler. C’est comme si il y avait un concours auquel seul le soleil participait mais que, dans sa mégalomanie, il voudrait toujours gagner… Bref, nous sommes sans voix, devant le sang et le feu enflammant les nuages juste après la disparition de l’astre solaire et couleurs changeant de tons pendant encore les 30 minutes suivantes.

Les chats noirs en Namibie : le retour
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