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03 Aug

Volcan la pété et pour une fois nous lété là...

Publié par Nancy et Cyril  - Catégories :  #réunion, #la réunion

Vendredi 31 juillet, 13h, début de l'éruption. Yes ! Pour une fois je peux y aller, c'est le we demain et je ne suis pas de garde ou déjà prise. Cette fois-ci, je le sens , c'est là bonne.

Et oui, moi qui habite la Réunion depuis plus de 8 ans maintenant, à côté d'un des volcans les plus actifs du monde, je passe toujours à côté des éruptions, évidemment ... En tant que chat noir professionel, je fais quand même très fort puisqu'en 2007, le lendemain de notre arrivée sur l'île, une gigantestque éruption qui atteindra la route et durera plusieurs semaines nous restera totalement inaccessible. Autant dire que depuis j'étais super frustrée, et à part un microbout de truc rougeoyant vu en je-sais-plus-quelle-année, je n'avais jamais réussi à assister à une éruption digne de ce nom.

Donc samedi, journée marathon : boulot jusqu'à 13h, déjeuner rapide, promenade du chien (1h de marche sportive incompressible), exhumation des fringues chaudes rangées au fin fond de la penderie, chargement des batteries photos et vidage des cartes mémoire, préparation d'un kit de survie (thermos de thé chaud et gateaux secs), arrêt chez mon amie Anélie pour la prendre au passage et en voiture Simone... Cyril est fatigué et il a mal au dos, il déclare donc forfait pour cette fois.

Il faut près d'une heure pour arriver au début de la route du volcan, et nous sommes agréablement surprises de voir que les gendarmes nous font signe de passer car visiblement l'accès au sommet est limité à 1200 personnes. Sauf que ... 500m plus loin, gros bouchon. Forcément... Là je me dis que si ça bouchonne depuis tout en bas, c'est pas gagné (il y a 45 à 60 min de route en temps normal). Après 1/4 h d'attente nous découvrons l'organisation à la française : au lieu de nous avertir au précédent carrefour, on nous dit seulement maintenant qu'en réalité il y a le choix entre se garer et attendre que des voitures redescendent pour que la gendarmerie nous laisser passer (3h de délai en moyenne) et tourner à droite pour rejoindre une navette (qui part d'où ?) qui "devrait" mettre moins de temps car elle passera en priorité... D'accord sur le principe sauf qu'on vient de perdre 15min pour rien et qu'en plus on va en perdre 10 de plus pour faire un grand détour afin de revenir sur nos pas. ça m'énerve déjà... En plus le gendarme, adorable au demeurant, ne sait d'où part la fameuse navette.

Heureusement, on tombe vite sur un terrain qui ressemble à un parking de fortune et une vingtaine de personnes qui font déjà la queue. On prépare rapidement nos sacs, on commence à s'habiller chaudement car la température a bien baissé et on se mettre dans la file. Le gérant de la compagnie de navette nous explique qu'il faut payer d'avance (à 10 euros par personne, il doit prier tous les soirs pour une nouvelle éruption...) et qu'une des 5 navettes nous déposera près du gite du volcan, l'accès au pas de Bellecombe (le bord de l'enclos) étant fermé aux véhicules). Bon ça fera un peu plus de marche, mais c'est pas un drame. Pourtant, si les 3 premières navettes, qui ne contiennent que 8 places chacune, partent "assez vite " (une demi heure quand même, on est à la réunion), nous regardons les 2 véhicules restants qui sont toujours immobiles pendant une autre demi heure. Je dis, en blagant à moitié, qu'à tous les coups il n'y a pas assez de chauffeurs ... Bingo : c'est exactement ça ! Visiblement, le service de navette ayant démarré à 15h mais n'ayant pas trouvé de clientèle les chauffeurs étaient repartis chez eux ... Quand on voit comment c'était signalé (pas une seule pancarte et la moitié des gendarmes pas au courant) et quand on sait que la plupart des gens vont voir les éruptions le soir, on pouvait s'y attendre.

Finalement, nous montons dans une navette "seulement" 1h après notre arrivée et compatissons pour les dizaines de personnes arrivées entre temps qui ne seront pas au volcan de sitôt.

Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...

Mais nous attendons encore 10 minutes de plus, le temps que la dernière navette se remplisse, car je cite " la conductrice de la dernière navette doit nous suivre car elle ne connait pas le chemin". Quiconque est déjà allé au volcan ne peut que rigoler (ou être navré, au choix) en entendant cette phrase : en effet, il n'y a qu'une route, et c'est tout droit ...

Moi qui déteste ne pas conduire dans les routes de montagnes je suis ravie : j'ai la nausée au bout de 10 minutes. J'arrive vaguement à penser à autre chose (genre aux pauvres bougres qu'on double avec notre navette prioritaire) et finalement me félicite de ce choix en arrivant à destination : les voitures privées sont obligées de se garer assez loin, et de violentes bourrasques de vent glacial soulèvent des nuages de poussières sur les piétons qui ressemblent alors à des réfugiés fuyant la guerre en plein hiver ! Heureusement que nous sommes bien équipées car une fois dehors, c'est notre tour d'affronter les éléments, la poussière en moins.

Débute alors une marche nocturne, qui grimpe, à la lumière de la frontale, avec le trépied de 3 kg sur l'épaule. Au bout d'une 15 aines de minutes nous arrivons à l'enclos et sommes clouées sur place par les 3 fontaines de lave qui crachent au loin dans la lumière de la lune avec la mer dans le fond. c'est magique. Comme d'habitude, je dois photographier, encore et encore, pour pouvoir en profiter. c'est ma façon à moi de graver ça dans mon cerveau à tout jamais, et de faire partager ce que j'i la chance de voir à tous mes amis.

Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...

Nous continuons ensuite la marche vers le point de vue qui semble le plus proche de l'éruption : "Piton partage". Il y a une bonne demi heure de marche au moins, et comme j'ai eu la flemme de désolidariser l'appareil du trépied j'ai au bas mot 4.5 kg sur l'épaule droite, en essayant de ne dégommer personne au passage ! A l 'abri du vent il fait meilleur, et à mesure que nous rapprochons, le flot de personnes se densifie, et au détour d'un virage, le vent revient (nous sommes à nouveau à découvert), les badauds entassés nous bouchent la vue encore quelques instants, et là, c'est magnifique, c'est la récompense de tous nos efforts. Je suis émue, autant que subjuguée par le spectacle. Tout y est : une vue imprenable, 2 fontaines de lave encore très actives, une coulée, la lune, le cône du Dolomieu et la mer dans le fond... Il fait un froid polaire et un vent à décorner les boeufs mais avec ma doudoune et mes gants, je suis bien, je n'ai pas froid et je peux profiter du spectacle.

Allez, assez parlé, je vous laisser admirer à votre tour ...

Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
Volcan la pété et pour une fois nous lété là...
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Jean-Michel 03/08/2015 18:36

Mon Dieu, que j'aurais aimé vous accompagner !!....Le spectacle devait être magique et que d'émotions sans doute;

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