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10 Aug

Les chats noirs en Namibie : le retour

Publié par Nancy et Cyril  - Catégories :  #Namibie 2015

jour 5 - 23 avril. Des montagnes du Tiras au Namibrand

Nuit parfaite, sans bruit. A peine sortie de la tente, je pars faire des photos des damans qui, littéralement, bronzent au sommet des rochers, à peine inquiétés par ma présence. Ils sont si près, qu’avec mon téléobjectif j’arrive à faire de super gros plans sur lequel je peux presque compter toutes leurs incisives !

Quand vient le moment de partir, alors que tout est rangé et emballé, mauvaise surprise, la voiture ne démarre pas. Début de panique, car elle nous a fait le même coup la veille au soir en rentrant des étables, mais a redémarré comme si de rien était, sauf que cette fois, impossible de la redémarrer… Forcément, il faut que ça arrive aujourd’hui, alors que nous devons absolument être au Namibrand en début d’après midi pour notre rando de 3 jours, qui, accessoirement, nous coûte un bras… Bref, nous tentons de voir à la réception si quelqu'un s’y connait un peu en voiture, réception à 1km de marche évidemment (et qui porte bien son nom car c'est le seul endroit où le téléphone passe...), mais pas moyen d'être felmmard, il faut qu’on appelle la compagnie de location et vite. Décidément, Camping Car Hire va penser qu’on est des boulets : à chaque fois qu’on loue une voiture chez eux, il nous arrive une merde. Et on se dit avec Cyril qu’on est vraiment des chats noirs : on ne tombe en panne qu’en voyage, et toujours dans des pays où on ne parle pas français ! Au moins, maintenant je maitrise bien tout le vocabulaire anglais concernant la voiture et ses pannes… Bref, on nous dit qu’on nous rappelle, mais nous nous doutons bien que la journée est perdue, car nous sommes vraiment au bout du monde, et le temps qu’un garagiste arrive on est pas rendus. J’installe le hamac et me prépare à une sieste (tant qu’à faire…) quand 10 minutes plus tard un pick up gris métallisé arrive de nulle part, et un homme parlant visiblement plus allemand qu’anglais nous demande d’ouvrir le capot pour vérifier la batterie. Nous savons déjà que ce n’est pas ça, donc notre espoir est maigre. Pourtant, cet homme parle à qq au téléphone qui semble le guider (le mécanicien de Camping Car Hire ?) et il bidouille quelques cables qui semblent s’être desserrés à cause des vibrations. Et miracle, la voiture redémarre comme par enchantement ! Nous ne savons pas qui est cet inconnu (et la propriétaire du ranch semblait ne pas vraiment savoir non plus) mais pour nous c’est le messie ! En un instant, tout redevient possible : être dans les temps au Namirand, faire notre trail … Nous décollons immédiatement, et après avoir chaleureusement remercié la propriétaire qui nous a bien aidé, nous démarrons une course contre la montre pour être au « Tok tokkie trail » à l’heure. La 2 ème partie de la D707 est toujours aussi belle, mais semble interminable et, demi heure par demi heure nous voyons le temps s’écouler avec angoisse. Nous mangeons à peine, en roulant, dans les dernières minutes qui nous séparent le l’arrivée, avec seulement 15 min de retard, tout ça pour découvrir que le départ n’est pas à 13h mais à 14H30 … Pas plus mal, car nos affaires ne sont absolument pas prêtes, et un départ dans le rush aurait forcément été synonyme d’oubli de trucs importants.

Nos affaires prêtes, nous faisons la connaissance de notre guide, Sebastiaan, de Quintin, le «gardien » (plutôt un responsable de la gestion pratique des ressources en eau notamment) de la réserve, Jimmy (le guide d’un couple de Canadiens) et les 2 couples qui feront le trail avec nous: « Harold et Aoi » et « Jennifer et Peter ». Lors d’une rapide présentation de la réserve nous découvrons qu’est est la plus grande réserve privée de Namibie (et même de l’Afrique australe), qui est la conséquence de la chute du marché du cuir d’agneau (très en vogue dans les années 60-70) et du rachat et de la fusion d’ancienne fermes ovines. La plupart des prédateurs ou assimilés, comme les inoffensifs «otocyons » qui ne mangent que les insectes qui se développent sur les carcasses, ont été tués par les fermiers car ils ne faisaient pas bon ménage avec leurs moutons… Depuis 25 ans, un gros travail d’installation de points d’eau, de retrait des clôture et de réintroduction (spontanée ou non) de prédateurs tels les léopards et les guépards a été fait et porte ses fruits.

Une voiture nous dépose au début de la randonnée qui sera courte est facile jusqu’au premier campement, installé au milieu des dunes. Sebastiaan se révèle un guide adorable et drôle, très compétent, et Quintin apporte des suppléments d’infos par moments. Il ne fait pas cette rando d’habitude, mais visiblement ça fait partie de ses tâches, et de celles qu’il doit faire urgemment, avant que ça femme accouche dans quelques semaines… Jimmy est au début plus discret, mais se révèle vite un joyeux drille.

Nous découvrons peu à peu la faune et la flore du Namib, le plus vieux désert du monde, en particulier les scarabées qui ont donné leur nom au trail : les tok tokkies. En particulier le « dune dung beetle » surnommé par les guides le « petit bulldozer » car il déploie une force monstre quand il creuse son terrier. Au contraire des bousiers bien connus qui roulent et poussent leur morceaux de crottes vers l’arrière avec leurs pattes, ces scarabées tractent leurs détritus avec leur pattes arrières. Les guides nous font bien rigoler en disant que les crottes sont juste de la «processed food » par rapport aux détritus végétaux bruts, et ça finit forcément « fast food » … Nous tombons ensuite sur un tout petit serpent qui a des sortes de cornes sur la tête et qui a l’air éberlué de voir autant de monde autour du buisson dans lequel il était planqué tranquillement. Peu après, c’est le tour d’un lézard d’être dérangé par notre groupe, et il s’avère que sa particularité est de « danser » quand le sol est trop chaud: en gros il soulève les pattes diagonale par diagonale, histoire de refroidir successivement 2 pattes sur 4, d’où l’impression d’une danse . L’autre grand thème du jour porte sur les fameux « fairy circles » ou « cercles de fées » qui sont des cercles dénués d’herbe en leur centre, les herbes constituant le périmètre étant plus touffues que partout ailleurs. La tenu récente d’un symposium sur ces curiosités de la natures, décrites depuis 30 ou 40 ans, a rassemblé toutes les hypothèses explicatives, et nos guides ont exprimés leurs préférences pour certaines plus que pour d’autres, tout ça agrémentés de blagues et de rires bien entendus : termites des sables rongeant la pellicule couvrant les racines, compétition entre les plantes, propagation d’un champignon détruisant les herbes, et bien sûr les théories ésotériques diverses… Un autre mystère étant qu’au bout de quelques dizaines d’années (25 ans je crois), le plantes repoussent spontanément, et que la taille et la forme des « cercles » varient selon la latitude et la proximité des routes… Encore beaucoup de questions non résolues, donc, et nous en sommes arrivés à la conclusion que les recherches n’avançaient pas beaucoup faute d’argent et que pour les financer il fallait faire un livre intitulé « le mystère des cercles des fées » arborant une belle couverture ésotérique qui le ferait vendre à des milliers d’exemplaires !

Le paysage est tellement beau, que je passe mon temps à naviguer entre la prise de photos et les passionnantes explications de Sebastiaan. Nous avançons à pas de tortue, donc c’est pas vraiment un problème. Bien que l’effort soit très modéré et que le soleil descende rapidement, nous buvons beaucoup sans avoir l’impression de suer une seule goutte : décidément on est bien dans le désert, même si la présence de végétation aurait tendance à nous le faire oublier.

Arrivés au camp, nos « desert suites » comme dit Sebastiaan nous attendent : lit de camps avec matelas et couvertures bien chaudes, petites tables de chevets et tabourets pour nos chaussures (histoire d’éviter de trouver des habitants dedans le lendemain matin), petits tapis au pied du lit, lampe solaire, lavabo de brousse, et nos bagages qui nous attendent… L’endroit est magique, dans les dunes orangées au milieu du désert tout en étant étudié pour respecter notre intimité, être invisible de loin pour ne pas gâcher le paysage et surtout permettre de voir le coucher ET le lever du soleil… Un apéro glacé nous attend, après la chaleur de la journée, avec des petits canapés à déguster en regardant le coucher de soleil. Nous lions plus amplement connaissance avec les membres du groupe, qui heureusement sont sympas et aiment réellement voyager. J’avoue que j’avais un peu peur de me retrouvée coincée avec des nouveaux riches qui ne savent pas se tenir ou des râleurs qui trouveraient que le campement ne serait pas encore assez luxe à leur goût…

Le staff qui s’occupe du camp, rebaptisé « the dream team » par Sebaastian, est discret et adorable et une des chefs nous présente le menu en anglais et dans sa langue natale, riches en « clicks » : ils m’ont même fait un plat spécial vu mon grand amour pour la viande rouge et le gibier… En fin de repas, Sebastiaan nous fait un petit cours d’astronomie avec son impressionnant pointeur laser et c’est fourbus, mais comblés, que nous allons nous coucher sous les étoiles, la Namibie étant un des 3 endroits au monde où on les voit le mieux. Le pays a même reçu une appellation officielle (label "dark sky" qui leur amène désormais un tourisme spécifique et le meilleur endroit semble être le lodge de Sesriem qui dispose d’un télescope.

Les chats noirs en Namibie : le retour
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