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14 Jul

Les chats noirs en Namibie : le retour

Publié par Nancy et Cyril  - Catégories :  #Namibie 2015

jour 3 - 21 avril Du Kalahari à Brukkaros Mountain

Ah, enfin une bonne nuit sous tente… Bon d’accord, la sortie pipi avec l’échelle à descendre ça m’a bien réveillé à 3h30 du mat’, mais des vrais matelas ça change tout quand même , et puis au moins on est pas congelés par le froid qui vient du sol.

Je traine au lit, en regardant les plaines du Kalahari qui nous entourent, et je savoure le soleil du petit matin, bien au chaud dans ma polaire et mon sac de couchage. On s’accorde aussi un «lazy breakfast », à siroter notre thé five roses agrémenté d’un délicieux muffin au chocolat, confortablement installés dans nos fauteuils de camping, les mains au chaud sur la tasse et les pieds sur le banc… Ca y est les vacances commencent vraiment…

On passe donc aux choses sérieuses, à savoir « la répétition générale » de la routine qui va être la notre tous les matins: tout faire rentrer dans le 4x4 tout en gardant les choses accessibles dans la journée. Ca a l’air simple, dit comme ça, mais croyez moi c’est une mécanique à bien roder pour optimiser l’espace, partir rapidement le matin Et ne pas s’engueuler avec son conjoint quotidiennement. C’est un peu comme jouer à tétris, et faire le meilleur temps…

La B1 vite retrouvée, nous avalons des dizaines km de route monotone où un virage est un évènement excitant (la route est droite pendant des centaines de km), où la fuite d’un groupe de babouins à notre approche est carrément un cadeau de Noël et où la présence d’hommes entrain de balayer le sable qui paralyse la moitié de la route sur des centaines de mètres est une sorte de cerise sur le gâteau… Comme la fish river passe tout près de Mariental, il y a de l’eau, qui dit eau dit herbe, qui dit herbe dit foin, qui dit foin dit vaches, et qui dit vaches dit abattoir…On sent bien que la région tire le meilleur partie de cette manne inespérée dans un pays aussi désertique et et toute une économie s’est développée grâce à la présence d’eau. Nulle part mieux qu’ici on réalise que l’eau, c’est la vie, même si cette phrase sonne un peu comme une pub pour de la Volvic…

Nous quittons enfin le bitume pour une piste de très bonne qualité, et nous nous retrouvons enfin dans la Namibie que nous aimons : sauvage et dépeuplée… La montagne Brukkaros nous nargue, car telle un mirage elle semble rester inaccessible à mesure que nous nous approchons. Pourtant, elle finit par surgir devant nous, encore parée du vert des pluies estivales et je piaffe d’impatience à l’idée de gravir son sommet. Notre excitation retombe un peu quand nous trouvons un portail clos mais il semble qu’un passage détourné soit utilisable : après un minute d’hésitation, personne ne se présentant, nous contournons la barrière et en avant (d’après le guide footprint le camping est à l’abandon mais toujours utilisable). La piste qui amène au début du sentier, et à la 2ème zone de camping, nous rappelle vite pourquoi nous avons loué un 4X4 : même en mode 4 roues motrices on galère et à force d’odeur de pneus cramés on passe en mode low range qui donne pleine puissance pour monter jusqu’en haut. Cyril est tendu, d’autant plus qu’il est difficile voire impossible de faire demi tour, et le kilomètre annoncé dans le guide nous semble interminable… Arrivés en haut, pas de temps à perdre, car le soleil se couche à 17H30 et il est déjà 13h00. Pour ce qui est de préparer un sac de rando et avaler un pique nique en un temps record, je crois qu’on est devenus imbattables !

La rando dépasse vite nos espérances : le paysage est magnifique dès le départ, le temps est idéal (beau mais pas trop chaud), et le dénivelé raisonnable. On arrive assez vite au bord du «cratère », après de nombreuses pauses photos ça va sans dire, et là on décide de monter plutôt jusqu’au bord nord ouest au lieu d’aller trainer dans la dépression centrale. Bon choix, car le paysage au sommet est incroyable, mais mauvais pour notre bloc coeur-poumon : ça grimpe dur, et même si on a connu pire, comme les roches sont instables et glissantes, on souffre un peu. Les lumières deviennent de plus en plus orangées et les plantes exhalent des parfums envoutants alors que les plantes grasses arborescentes (comme les fameux quiver tree ) rivalisent de beauté et de d’originalité. On tombe par hasard sur un daman des rochers, beaucoup plus timide que ceux du Spitzkoppe, puis sur 2 antilopes pas si farouches qui nous observent avec une crainte mêlée de fascination. Notre bonheur est complet.

Petite frayeur quand même quand nous perdons le sentier et atterrissons au pied d’un escarpement rocheux infranchissable : on a du se gourer quelque part… Nous revenons sur nos pas, en équilibre précaire sur des roches instables, et j’ai une petite seconde de stress en me disant que la nuit approche et que si on arrive pas à retrouver le sentier (non balisé) en plein jour, je n’ose pas imaginer de nuit… Mais si je suis là ce soir à taper à l’ordinateur sous le merveilleux ciel étoilé namibien, c’est que finalement tout s’est bien terminé. Evidemment sundowner bien mérité en regardant les lumières du couchant enflammer les sommets, scène soigneusement enregistrée par la gopro bien sûr. Nous dinons sous les étoiles, seuls au monde, pendant que mon appareil photo s’essaye aux poses longues pour tenter d’immortaliser les myriades d’étoiles baignées par la voie lactée.

Il est 20h30 et je suis ravie d’aller me coucher, après une autre journée bien remplie. Mais à peine couchée, alors que Cyril s’est endormi en touchant l’oreiller, j’entends des bruits inquiétants au pied de la voiture, alors que nous avons pourtant rangé la nourriture et la vaisselle sale pour ne pas attirer les animaux sauvages en quête de repas facile. Je dois bien l’avouer, moi qui ne suis pas peureuse et qui est l’amie des bêtes, je me fais alors un vrai coup de panique, surtout quand j’entends un bruit sur la tente, alors que nous dormons sur le toit (probablement Cyril, rétrospectivement, car avec ses 1m92 il touche des pieds le bout de la tente). C’est vrai, à y réfléchir, le camping étant inutlisé depuis un moment, il y'a sûrement des animaux sauvages qui rodent, habitués à trouver des restes, surement des chacals, et c’est pas bien méchant des chacals… Et y'a probablement pas de hyènes, et puis surtout ça sait pas monter les échelles les hyènes… Par contre, ces zones rocailleuses isolées c’est l’habitat préféré des léopards non? Et puis on a pas vu beaucoup de gibier, alors si il y a des léoprads , ils doivent être affamés… Et si ça sait grimper en haut d’un arbre en tenant dans sa gueule une antilope de 100kg, ça doit bien pouvoir se démerder avec une échelle, non ? Mais j’avoue, qu’au milieu de mes délires, ce qui me faisait vraiment, vraiment le plus peur, c’était plutôt la présence d’être humains qui n’auraient aucune bonne raison de traîner sur notre campement, à part de mauvaises raisons justement… Quand on en est à avoir plus peur de ses congénères que des bêtes sauvages, c’est que le monde tourne mal vous ne trouvez pas ? Et pendant ce temps là, Cyril dormait sur ses deux oreilles bien sûr, du sommeil du juste, agrémenté d’un petit ronflement...

brukkaros mountain
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