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27 Jul

Les chat noirs en Namibie : le retour

Publié par Nancy et Cyril  - Catégories :  #Namibie 2015

Jour 4 - 22 avril De brukkaros mountain aux montagnes du Tiras

Que dire de cette journée, à part la qualifier d’une journée parfaitement namibienne : les paysages se sont succédés en rivalisant de beauté, l’apothéose étant les montagnes du Tiras, joyau du sud méconnu, à peine mentionné dans les guides et pourtant d’une beauté à couper le souffle. Les pistes allant de Berseba à Helmeringausen nous ont replongé dans la vie quotidienne des exclus de l’économie namibienne : gardiens de vaches, d’ânes, de moutons mènent leur troupeau là où l’herbe est moins sèche, les charrettes tirées par des ânes sont les moyens de locomotions les plus répandus. Pourtant, tous répondent à notre salut de la main avec enthousiasme et je regrette de ne pas avoir d’occasion de connaître un peu tous ces gens. Nous restons les blancs qui passent en 4X4 de luxe en contemplant des paysages désertiques magnifiques quand ces même paysages sont souvent signe d’isolement, de chômage, de sécheresse et de poussière pour tous ces africains désoeuvrés. Et pourtant, quand les projets communautaires comme le camping de brukkaros et tant d’autres ne sont pas gérés par des entreprises privées, tout part en sucette… Je ne peux m’empêcher de pester contre ce gaspillage qu’est le camping de brukkaros abandonné et vandalisé alors que le site est superbe et le village juste à côté pouvait en tirer profit. Quand il y a des touristes, même peu nombreux, il y a toujours un peu de travail, de l’artisanat à vendre, un petit stand de nourriture à faire tourner. Bref, les éternels problèmes de l’Afrique …

Les pistes alternent entre chemins rocailleux où on roule à 40km/h tout en ayant l’impression de tenir un marteau piqueur dans le mains, des pistes de sable qui donnent l’impression de rouler sur une gigantesque plaque de verglas et les pistes bien tassées et roulantes où on abat les km sans s'en apercevoir. Les 50km de piste avant Helmeringhausen me font penser une vallée verdoyante où l'élevage d’animaux semble des plus naturels, les grandes propriétés arborant des maisons blanches et vertes tout droit sortie d’une Bavière version exotique… Mais c’est à partir de cette ville au nom imprononçable que nous retrouvons vraiment les paysages de la Namibie du nord, avec ses teintes pastels de rose, de vert et de jaune d’un côté et les dunes orangées du park du Namib-Nauflukt que nous longeons. Nous faisons sans arrêt des pauses photos, même si le soleil est encore haut dans le ciel et les lumières un peu dures et notre enchantement croît à mesure que nous approchons le ranch Koimasis. Les seuls animaux sauvages assez adaptés à la vie désertique commencent à fleurir de toutes parts: autruches, oryx (dont qui fait un brin de chemin avec nous sur la piste) et springboks.

L’arrivée au ranch est un peu à l’arrache car j’ai réservé le matin une sortie à cheval de 2h qui commence à 15h30. J’ai à peine le temps de me changer et j’avale un peu de salade composée dans la voiture, tout en enfilant mes chaussures et mes chaps. A mon arrrivée, les chevaux sont déjà sellés : des quarter horses équipes en matériel western. Cool. Une femme nous accompagne et on sympathise rapidement car elle vient de passer une semaine sur place pour débourrer le cheval qu’elle a acheté ici mais qui est encore trop sauvage pour être ramené à Windhoek où elle habite avec sa famille. Je suis sûre qu’on deviendrait vite amies si on habitait ici. Le « cowboy » est en réalité le fils des propriétaires et m’explique, du haut d’une montagne d’où l’on peut voir toute la propriété, l’histoire du ranch. Créé il y a 25 ans par ses parents, à quelques km de la propriété des grands parents, le projet initial était l’élevage des autruches, dont les oeufs étaient achetés très chers par les américains. En parallèle, dresser pour le travail la 100aine de chevaux sauvages déjà présents était avant tout un vieux rêve pour le père. Rêve qui s’est vite révélé un peu plus complexe à réaliser que prévu, car dans « chevaux sauvages » il y a "sauvage" … Bref, entre l’élevage d’autruche qui est vite apparu comme une source de revenus insuffisante et les chevaux adaptés à la sécheresse mais longs à domestiquer, des croisements avec une race plus docile et adaptée au travail comme les quarter horse ont été réalisés et le ranch s’est ouvert au tourisme avec la construction d’un lodge et de merveilleux sites de camping. S’ajoutent à cela un élevage de volailles et de chèvres. J’ai peut être pas tout juste au niveau de la chronologie mais en gros c’est ça... Avant de redescendre dans la plaine dans la lumière du couchant , j’apprends que les quiver tree sont des arbres à la croissance très lente dont le tronc ressemble à une éponge destinée à stocker et optimiser les réserves d’eau. Le centre est creux et donc les bushmen s’en servaient comme de quarquois, d’où le nom. Les racines sont très courte, la structure du tronc faite de milliers de petits capillaires et chaque bifurcation entre 2 branches prend à peu près 30 ans ! De vénérables papis donc…

De retour, aux étables, nous discutons tous les 3 en prenant un verre, et je leur pose une des questions qui me taraudent : avec tant d’élevages, comment font ils quand ils ont besoin du véto??? Et bien visiblement ils ont droit de se débrouiller eux même : ils aident aux vêlages (ce qui n’est pas souvent nécessaire), n’ont a priori jamais besoin de césarienne (ils sélectionnent des animaux pour leur rusticité et pas leur rendement) et castrent ou vaccinent eux même leurs chevaux. Je me prends à rêver proposer mes services en freelance et faire le tour des élevages régulièrement dans différents coins de la Namibie… Et puis au ranch Koiimasis on monte à cheval habillé western comme en Californie, alors je ne serais pas trop dépaysée ! Bon faut encore qu’on apprenne certaines choses car côté mécanique et bricolage on est loin d’être des pros, mais pourquoi pas, un jour…

Pendant ce temps, Cyril s’est promené dans les alentours et a pris de magnifiques photos de toutes ces amas rocheux rouges orangés qui nous entourent de toute part. Nous retrouvons dans cet endroit méconnu (à peine évoqué dans notre guide) et pourtant d’une beauté époustouflante les choses qui nous avaient plu au Spitzkoppe : les couleurs, l’univers minéral grandiose, l’isolement et bien sur nos « marmottes préférées » les damans des rochers ! Nous tombons instantanément et complètement amoureux de cet endroit, bien qu’il soit isolé et difficile d’accès.

En plus, ils ont fait un boulot incroyable sur les sites de campings qui sont à la fois très beau (au pied des rochers) et pourvus de sanitaires haut de gamme, eux aussi parfaitement intégrés dans l’environnement naturel avec des roches en guise de murs porteurs. Nous savourons, au coin du feu, un délicieux dîner d’épis de mais et de pilons de poulets marinés et enroulés dans du bacon, arrosé de « fat bastard », notre nouveau vin sud af’ préféré. Encore une journée parfaite quoi…

Les chat noirs en Namibie : le retour
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